Mady entra dans la pièce sombre et soupira. Son dernier combat avait été rude et elle ne pourrait plus revenir si on savait qu’elle en était l’auteur.
*Je vais devoir faire ce que je redoutais*
La jeune féline soupira et ferma derrière elle la lourde porte de bois. La pièce dans laquelle elle se trouvait était circulaire et pas une fenêtre n’était percée dans le mur centenaire. Elle alluma une torche qu’elle accrocha à l’entrée et avança. Au centre de la pièce se trouvait un corps inanimé couché sur la pierre froide du sol. Le corps était placé dans un cercle de runes démoniaques anciennes.
*Calyxte, ma sœur…Le jour est venu, je tiendrais ma promesse. Tu va revoir la lumière du jour*
Mady caressa tendrement le corps de sa jeune sœur qu’elle avait plongé volontairement dans un sommeil sans fin quelques centaines d’années auparavant.
De son père félin, Calyxte avait hérité une force hors du commun, mais ses yeux étaient ceux de sa mère démone. Elle avait des formes plus voluptueuses que Mady et paraissait plus mûre que son âge.
Mady sorti d’une petite sacoche une plume de Phoenix, et un parchemin. Elle plaça les objets juste à coté du cercle de façon à ce que sa sœur puisse les voir quand elle se réveillerai. Elle se dévêtit ensuite, plaça ses affaires dans un coffre qu’elle scella par un sort ancien. Elle ne garda sur elle que de quoi cacher les parties les plus intimes de son corps, comme sa sœur l’avait fait avant elle.
Elle alla ensuite s’asseoir sur une stèle de pierre aux pieds de Calyxte. Elle attrapa la fiole qui se trouvait à la tête de la stèle. La faible lueur de la torche faisait briller le liquide rouge sang. Elle retira le bouchon dans un bruit sec et but la potion qu’elle avait préparée le jour où sa sœur s’était endormie. Elle s’allongea sur la stèle.
« Adieu Calyxte, Je ne ferai plus partie de ce monde à présent »
Mady ferma les yeux. Alors la pièce s’emplit d’une lueur rouge intense. D’abord entourant le corps de Mady, elle descendit lentement au sol pour colorer peu à peu les runes gravées au sol. Une chaleur envahit la pièce et la lueur gagna le corps de Calyxte. La jeune fille reprit les couleurs qu’elle avait perdues au cours des siècles. Le halo rouge devint plus intense et la féline fut victime d’un spasme, prouvant que le transfert avait fonctionné.
Calyxte toussa puis reprit lentement sa respiration.
Ses yeux couleur or s’ouvrirent lentement, s’habituant peu à peu à la faible lumière de la pièce. Un filet d’air la fit frissonner. Elle s’étira et regarda autour d’elle. Les murs de pierre étaient devenus poussiéreux. La torche accrochée à l’entrée ne devait pas brûler depuis très longtemps. Puis ses yeux se posèrent au sol, sur un parchemin roulé et une plume. Ils n’étaient pas poussiéreux. La jeune féline commença à comprendre et ses yeux trouvèrent rapidement l’auteur présumée de la lettre.
« Mady ! »
Calyxte se précipita sur le corps inanimé de sa sœur. Il était tiède mais bel et bien en état d’arrêt biologique. De plus de nombreuses blessures couvrait la peau de la féline inanimée.
« Mady, qu’as-tu donc pu faire ? Pourquoi m’as-tu ramenée à la vie ? Nom d’un Pupu ! le parchemin ! »
La jeune féline se retourna vers le morceau de papier vieilli et le déplia avec toutes les précautions possibles. Elle reconnu au premier coup d’œil l’écriture de sa sœur ainée dont le corps gisait sur la stèle. Une larme monta au creux de son œil lorsqu’elle entreprit de lire le manuscrit.
